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L’électricité verte ! Comment distinguer le vrai du faux ?


La consommation d’électricité « verte » suscite bien des débats ! Le mécanisme des Garanties d’Origines qui permet d’obtenir cette certification de fournisseur « vert » n’est-il que du « green washing » ? Greenpeace publie un comparateur de fournisseurs verts mais qu’en est-il vraiment ?

Comme dans le secteur agricole, le secteur électrique a cherché dès les années 2000 à fournir en directe au consommateur un produit naturel et écologique. Pour ce faire, un mécanisme Européen de certification de la production renouvelable appelé Garanties d’Origines a été mis en place. Ces certificats s’échangent sur un marché Européen globalisé selon la loi de l’offre et de la demande afin de donner la possibilité aux fournisseurs de vendre de l’électricité sous un label « 100%  vert ».

Cependant, la livraison de l’électricité ne suit pas les mêmes règles logistiques que l’approvisionnement des denrées alimentaires. Le réseau électrique fonctionne selon une mécanique solidaire ou la contribution de chaque source de production est indispensable pour assurer l'approvisionnement du courant à chacun. La distribution de l’électricité est analogue à celle de l’eau potable qui proviendrait d’un lac, lui-même alimenté par différentes sources en amont. Même si certaines sources seraient propres et d’autres pas, la qualité de l’eau distribuée serait le résultat d’un mélange de toutes les sources. Il en est de même pour l’électricité que nous consommons qui provient d’un « mix énergétique ».

L’émission de « Garanties d’Origines » appliqué à l’eau potable, serait analogue à l’émission de certificats « Eau Propre » par les propriétaires des sources propres proportionnellement à leur production. Ceux-ci les revendraient ensuite aux consommateurs désireux d’acheter de l’eau «100% propre » !… Bien entendu, cette certification ne changerait rien à la qualité réelle de l’eau distribuée.

Pour l’électricité c’est pareil, la vente d’électricité « verte » n’a qu’un aspect purement financier et ne modifie en rien la « qualité » de l’électricité que l’on consomme.

A quoi sert-il dès lors de payer volontairement plus cher pour de l’électricité « verte » qui ne contribue pas directement à réduire notre impact environnemental ?

Voilà donc bien un nœud ! L’adoption d’un contrat d’électricité verte rapporte l’argent supplémentaire des Garanties d’Origines au producteur d’énergie renouvelable ! Or ces derniers sont généralement déjà subsidiés au travers des contributions obligatoires de la facture d’électricité de tout un chacun, ou sont déjà rentables. L’argent récolté peut donc aussi bien servir au développement de nouvelles unités de production renouvelables non subsidiées qu’à l’augmentation des profits de l’actionnaire. La valeur de ces Garanties d’Origines a sextuplé depuis 3 ans et ne cesse de croître rapidement.

Aucune certification ni étude ne répond à la question de la destination de cette manne financière. Le classement de Greenpeace reste muet sur ce point !

La deuxième difficulté qui se pose en faisant croire au consommateur qu’il peut consommer de l’électricité verte est qu’il le disculpe de son impact environnemental. On peut comprendre que cela peut arranger certaines entreprises du secteur qui souhaitent entretenir une relation de subordination avec le consommateur d’électricité. Ces abus de langage sont en revanche beaucoup plus étonnants de la part des associations environnementales comme Greenpeace. Jusqu’à présent, la seule solution proposée par ses institutions pour réduire notre impact environnemental est de consommer de « l’électricité verte » proposé par des fournisseurs alternatifs triés sur le volet….

Pourtant, en pratique, il est réellement possible de modifier physiquement l’impact environnemental de nos usages et sans que cela ne coûte un euro.

Pour comprendre comment, imaginons que le niveau de notre lac d’eau potable soit automatiquement ajusté en compensant la consommation d’eau par l‘apport des sources de moins en moins propres. Ainsi plus la consommation serait importante, plus la qualité de l’eau apportée au lac pour satisfaire la demande serait mauvaise. Dans ce cas on préférerait boire l’eau la nuit quand tout le monde dort plutôt que le matin quand tout le monde prend une douche.

Comme se fait l’ajustement du niveau du lac avec de l’eau de moins en moins propre en fonction de notre consommation, nos changements de comportement de consommation d’électricité impactent directement les centrales de production les plus polluantes et ce même si nous payons un contrat de fourniture « vert ».

Pour aider les consommateurs à choisir à l’avance les moments pendant lesquelles la production d’électricité est la moins polluante, e-FlowerPower donne chaque jour la « Météo de l’énergie » via son application gratuite. Le soutient à ce genre d’initiative est indispensable pour faire émerger cette voie alternative.

Pour terminer, bien que l’on puisse reconnaître que le mécanisme des Garanties d’Origines ait eu le mérite de conscientiser le consommateur aux questions environnementales, le moment semble désormais venu de faire évoluer ces mécanismes vers une version 2.0.

Une idée serait d’évoluer vers une certification « Eco Responsable » de l’électricité qui imposerait aux fournisseurs de communiquer sur les montants supplémentaires perçus par kWh consommé et la destination de cet apport.

La transparence sur ces éléments permettrait d’une part d’identifier et de communiquer sur les moyens supplémentaires, décidés par les citoyens, pour lutter contre la pollution énergétique et d’autre part, de créer un nouvel espace, où l’impact positif de la modification de comportement de consommation de chacun peut être largement encouragé à l’instar de ce qui se passe pour le tri de nos poubelles.

La transition énergétique deviendrait ainsi réellement l’affaire de tous !